Le chocolat, une option savoureuse contre la déforestation en Amazonie

Une usine de chocolat en bordure de la route transamazonienne dans l’État du Para dans le Nord, près de la commune de Medicilandia, fonctionne comme un antidote savoureux à la déforestation de l’Amazonie.

« Pendant des décennies, la Transamazonienne a été synonyme de zone de crimes contre l’environnement. Nous avons donné une image de destruction de l’Amazonie que nous voulons changer avec cette initiative », raconte ainsi Ademir Venturim, président de la coopérative de 40 petits producteurs de cette « Fabrique de chocolat ». Assis devant l’usine aux murs jaunes brillants sous la marque « Cacauway », Ademir explique : « Pour nous, la fabrique est une expérience qui peut être reproduite dans toute l’Amazonie : en donnant de la valeur aux produits amazoniens, en créant de l’emploi et des revenus, nous promouvons le développement économique, social et environnemental voulu par Rio+20 ». La conférence de l’ONU Rio+20 veut en effet définir une économie plus verte et plus sociale pour la planète qui tienne compte de la nécessité de protéger et de restaurer les ressources naturelles comme l’Amazonie, encore vierge à 80 %.

Une coopérative de 40 petits producteurs vit de la culture du cacao. Evaristo SA/AFP
Située au sud-ouest du Para, l’un des États qui furent le plus déboisés pour faire place à l’agriculture et à l’exploitation du bois, la fabrique a commencé sa commercialisation dans de petites boutiques de la région. « Nous avons atteint un marché bien au-dessus de nos attentes », se félicite Ademir. Les sacs de cacao qui sont traités ce jour-là portent le nom de leur producteur : Enivaldo Andrade Pereira. « La fabrique est une des meilleures choses survenue dans la région », affirme Enivaldo en soulignant que celle-ci paye 50 % de plus que les grands producteurs de chocolat du pays. Sa ferme, la « Sitio Almeida », est un exemple de ce que fut l’histoire de la région et de sa commune qui doit son nom à Emilio Garrastazu Medici, président de 1969 à 1974 sous la dictature, et qui a projeté la construction de la Transamazonienne pour coloniser la forêt. Le père d’Enivaldo est arrivé dans les années 70, encouragé par le régime militaire (1964-1985), et, comme beaucoup, il a défriché la jungle pour en faire des pâturages et des plantations de canne à sucre. Après, il est passé au cacao. Cette zone arborée est entourée de pâturages et a été replantée avec 12 000 pieds de cacao intercalés de 400 pieds d’acajou et d’autres espèces amazoniennes.

Autre culture qui gagne du terrain dans cette région : le cacao biologique. Il se vend deux fois plus cher et accède au marché lucratif du meilleur chocolat international. Darcirio Vronski est le pionnier d’une coopérative de 23 familles qui produisent ce cacao biologique qu’ils vendent au fabricant autrichien Zotter. Après avoir abandonné la canne pour le cacao, « j’ai été très critiqué, mais ceux qui ont continué avec la canne à sucre ont dégradé la terre alors que la nôtre est restée incroyablement fertile », dit-il avec fierté.
L’État du Para est donc l’un des grands producteurs de cacao, un produit amazonien qui a été développé dans la région aux dépens de la forêt mais qui, aujourd’hui, est vu comme une grande opportunité de reboisement. « Avant le cacao, on plantait en détruisant la forêt, maintenant on récupère des zones dégradées avec des produits amazoniens qui apportent des revenus au producteur », explique Sebastiao Augusto, professeur à l’Université fédérale du Para. « Le cacao a besoin d’ombre, et ce qu’on propose aujourd’hui, c’est d’alterner sa culture avec celle d’autres arbres amazoniens comme l’acajou, l’arbre à noix du Brésil ou l’ipé, des plantes natives », précise Joao Batista, responsable d’une ONG qui soutient l’agriculture familiale.
Le Brésil vient de fait d’annoncer le taux le plus faible de déforestation de son histoire en 2011, 6 418 km2 après un pic de 27 000 km2 en 2004…

(Source : AFP)

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